
Histoire du siwak : des millénaires d’hygiène dentaire à travers les civilisations
L’histoire du siwak croise celle de l’hygiène dentaire elle-même. Bien avant la brosse à dents en nylon de 1938, bien avant les dentifrices fluorés, des civilisations très différentes ont frotté leurs dents avec des rameaux végétaux. Le bâton de Salvadora persica en est aujourd’hui le représentant le plus connu. Cet article retrace ce parcours en s’en tenant à ce que les sources permettent d’affirmer : quand une affirmation souvent répétée n’a pas pu être vérifiée, nous l’avons laissée de côté. Toutes les sources sont listées en bas de page.
Des tablettes de Mésopotamie aux rapports de l’Organisation mondiale de la santé, le bâtonnet à mâcher traverse les siècles avec une constance remarquable.
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Les origines : Mésopotamie et premières civilisations
On lit souvent que les Babyloniens utilisaient des bâtonnets à mâcher vers 3500 avant notre ère. C’est la date la plus citée, mais elle circule d’une revue à l’autre sans qu’une fouille publiée ne l’appuie directement[1][2]. Les affirmations plus anciennes, « 5000 avant notre ère » ou « 7000 ans », ne reposent sur aucune source fiable : l’écriture elle-même n’apparaît que vers 3300 avant notre ère.
Ce que l’archéologie montre plus sûrement, ce sont des cure-dents retrouvés dans des nécessaires de toilette à Ur, et un texte assyrien qui décrit le nettoyage des dents avec un doigt entouré d’un tissu imbibé d’alun, de sel et de vinaigre[3]. Le soin de la bouche est donc ancien en Mésopotamie, même si la plante exacte des premiers bâtonnets reste inconnue.
Le Code de Hammurabi (vers 1750 avant notre ère) est parfois cité à ce sujet, à tort : ses lois 200 et 201 parlent de dents cassées dans une agression (« dent pour dent »), pas de soins dentaires[4].
L’Égypte ancienne : des remèdes dentaires, pas de siwak attesté
L’Égypte ancienne a laissé des textes médicaux riches : les papyrus, dont le papyrus Ebers (vers 1550 avant notre ère), mentionnent environ dix-huit cas dentaires, dont sept pâtes destinées à stabiliser les dents qui bougent[5]. On sait aussi que les prêtres mâchaient des pastilles de natron. L’usage de cure-dents est jugé possible par les spécialistes, mais les « bâtonnets retrouvés dans les tombes », souvent cités, viennent de livres grand public plutôt que de fouilles publiées.
L’arbre Salvadora persica fait bien partie de la flore égyptienne[6], mais aucune source ne montre que les Égyptiens de l’Antiquité en tiraient des bâtonnets. Quant au mot « siwak », c’est un mot arabe, dont l’origine plus lointaine reste discutée : il ne vient pas de l’égyptien ancien.
L’Inde ancienne et la médecine ayurvédique
En Inde, le bâtonnet à mâcher est solidement attesté. Le canon bouddhique énumère déjà les « cinq bienfaits » du bâtonnet dentaire (dantakattha)[7], et les grands traités ayurvédiques le prescrivent.
La Charaka Samhita, rédigée entre le Ier siècle avant et le IIe siècle après notre ère environ, recommande de se nettoyer les dents deux fois par jour avec un rameau au goût astringent, piquant ou amer[8]. La Sushruta Samhita décrit un rameau de douze doigts de long, choisi selon le tempérament (dosha) de la personne[9]. Le terme sanskrit est danta-kashtha, « bois pour les dents » ; datun est le nom courant en hindi. D’autres arbres que Salvadora persica, comme le neem, y sont aussi utilisés.
L’approche indienne est globale : le bâtonnet fait partie d’une hygiène de vie qui comprend l’alimentation et d’autres soins quotidiens.
La Grèce et Rome antiques
Dans le monde gréco-romain, on soignait aussi ses dents, mais surtout avec des poudres et des cure-dents. Hippocrate recommande déjà des dentifrices, par exemple à base de poivre ou de bouillie de lentilles, et Dioclès de Carystos, un médecin de la génération suivante, propose contre la mauvaise haleine un mélange de tête de lièvre et de rats brûlés avec du marbre pilé[10]. Le conseil souvent attribué à Aristote, frotter dents et gencives avec l’écorce d’arbres amers, vient en réalité du Secretum secretorum, un texte arabe du Xe siècle environ faussement attribué au philosophe[11].
À Rome, Pline l’Ancien décrit des dentifrices à la cendre de corne de cerf, aux écailles d’huître calcinées ou à la pierre ponce, conseille un piquant de porc-épic pour se curer les dents et mentionne des feuilles de lentisque frottées sur les dents[12]. Le cure-dent en bois de lentisque, lui, est cité par le poète Martial.
L’islam : la pratique devient une sunna (VIIe siècle et après)
C’est avec l’islam que le bâton de siwak prend une place durable. Le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) l’a recommandé à de nombreuses reprises. Le hadith le plus célèbre est rapporté par Abou Hourayra : « Si je ne craignais d’accabler ma communauté, je leur aurais ordonné le siwak à chaque prière »[13][14]. Ce texte fonde son statut de pratique fortement recommandée.
Avec l’expansion de l’islam, de l’Espagne à l’Asie du Sud-Est, le siwak se diffuse dans des régions où il était peu connu. Le pèlerinage à La Mecque a pu y contribuer : au XIXe siècle, l’explorateur Richard Burton voit les pèlerins acheter des bâtonnets en souvenir de La Mecque[15], et au XIVe siècle Ibn Battuta note que les Mecquois « usent beaucoup de cure-dents de bois d’arak vert »[16].
La médecine arabo-islamique et le siwak
Les médecins du monde islamique ont écrit sur le siwak. Le premier traité connu qui lui est consacré est attribué à Yuhanna ibn Masawayh (777-857) ; Hunayn ibn Ishaq met en garde contre son usage excessif, et al-Razi rassemble ces avis dans son grand recueil médical[17]. Ibn Sina (Avicenne) en recommande pour sa part un usage modéré[17].
Al-Zahrawi (Albucasis, 936-1013), figure majeure de la chirurgie, a surtout marqué la dentisterie par le détartrage, la contention des dents par fils d’or et d’argent et la réimplantation dentaire[18].
Pour la dimension religieuse du siwak, avec toutes ses références, voir notre article le siwak en islam : sunna, hadiths et recommandations.
Le Moyen Âge européen
Dans l’Europe médiévale, les soins dentaires se limitaient souvent à l’extraction des dents malades par des barbiers-chirurgiens ; les plus aisés utilisaient des cure-dents, des linges ou des préparations à base de plantes.
Les contacts avec le monde musulman ont fait circuler des savoirs médicaux : les traductions latines du Canon d’Avicenne et du traité d’Albucasis, réalisées notamment à Tolède au XIIe siècle, ont nourri la médecine européenne, y compris sur l’hygiène de la bouche.
De la Renaissance à l’ère industrielle
L’arrivée de la brosse à dents
La brosse à dents à poils est d’origine chinoise : les spécialistes situent en 1498 une brosse à poils de porc fixés sur un manche, et des modèles plus anciens sont évoqués dès la dynastie Tang[19][20]. L’objet gagne l’Europe par les échanges, mais reste longtemps rare.
En Angleterre, William Addis conçoit une brosse à dents pendant un séjour en prison en 1770, puis en lance la production vers 1780 ; son entreprise existe toujours sous la marque Wisdom[21]. La brosse reste cependant un objet de luxe jusqu’au XIXe siècle.
Pendant ce temps, dans une grande partie de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud, le bâtonnet à mâcher reste l’outil quotidien.
Le XXe siècle : l’ère du plastique
En 1938, DuPont lance une brosse à dents à filaments de nylon, qui remplace les poils d’animaux[20] : c’est le point de départ de la brosse moderne produite en masse. En 1954, la première brosse électrique, la Broxodent, est mise au point en Suisse[20].
La même période voit naître les premières études scientifiques sur Salvadora persica. L’une des premières analyses de sa composition indexées dans les bases médicales date de 1979[22]. En 1984, un rapport technique de l’OMS cite les bâtonnets traditionnels, avec les brosses à dents, parmi les outils d’hygiène bucco-dentaire[23] ; en 1987, une publication de l’OMS encourage leur usage dans les régions où il est coutumier[24].
Tableau chronologique
| Période | Civilisation ou événement | Ce que disent les sources |
|---|---|---|
| Vers 3500 av. J.-C. (date traditionnelle) | Babylone | Bâtonnets à mâcher, date reprise de revue en revue [1] |
| IIIe – Ier millénaire av. J.-C. | Mésopotamie (Ur, Assyrie) | Cure-dents à Ur, nettoyage des dents au doigt et au tissu [3] |
| Vers 1550 av. J.-C. | Égypte ancienne | Remèdes dentaires des papyrus médicaux [5] |
| Autour du début de notre ère | Inde (Charaka, Sushruta) | Rameaux dentaires prescrits chaque jour [8][9] |
| Ve – IVe s. av. J.-C. | Grèce (Hippocrate) | Recettes de dentifrice [10] |
| Ier siècle | Rome (Pline, Martial) | Dentifrices, cure-dents en lentisque [12] |
| VIIe siècle | Avènement de l’islam | Le siwak devient une sunna [13] |
| IXe – XIe siècle | Médecine arabo-islamique | Traité d’Ibn Masawayh, usage modéré selon Ibn Sina [17] |
| Fin du XVe siècle | Chine | Brosse à dents à poils de porc [19] |
| 1770-1780 | Angleterre | William Addis, première production de brosses [21] |
| 1855 | Richard Burton | Bâtonnets vendus aux pèlerins de La Mecque [15] |
| 1938 | États-Unis (DuPont) | Brosse à filaments de nylon [20] |
| 1954 | Suisse | Brosse électrique Broxodent [20] |
| 1984 et 1987 | OMS | Bâtonnets cités, puis encouragés là où ils sont coutumiers [23][24] |
| 2000 | Consensus international sur l’hygiène buccale | Les bâtonnets « peuvent avoir un rôle », efficacité à évaluer [2] |
| Années 2010-2020 | Mouvement zéro déchet | Regain d’intérêt comme alternative sans plastique |
Le XXIe siècle : un regain d’intérêt
Depuis les années 2010, le siwak connaît un nouveau chapitre, porté par plusieurs tendances.
Le mouvement zéro déchet
La prise de conscience écologique a placé la brosse à dents en plastique sur le banc des accusés : un objet jeté tous les quelques mois, par des milliards de personnes. Le siwak, 100 % végétal et sans manche en plastique, apparaît comme une alternative simple, relayée par les boutiques zéro déchet et les blogs écologiques.
Pour en savoir plus : le siwak, alternative zéro déchet pour l’hygiène dentaire.
Le retour au naturel
La méfiance envers certains ingrédients de synthèse pousse aussi des consommateurs vers des produits plus simples. Le siwak, utilisé depuis des siècles sous une forme inchangée, répond à cette attente.
La recherche scientifique
Les études sur Salvadora persica se sont multipliées depuis les années 1980. En 2018, une revue de la littérature d’Aumeeruddy et de ses collègues a fait le point sur ses usages traditionnels et modernes[25]. Ces travaux, avec leurs limites, sont détaillés dans notre dossier sur les bienfaits du siwak selon les études.
Le siwak aujourd’hui
Il n’existe pas d’estimation mondiale fiable du nombre d’utilisateurs : une revue de 2001 rappelle simplement que les bâtonnets à mâcher restent courants dans de nombreux pays, par tradition, pour leur disponibilité et leur faible coût[2]. Quelques études locales donnent un ordre de grandeur. À La Mecque, sur 1 200 patients, 65 % utilisaient le miswak chaque jour et 73 % une brosse à dents[26] ; dans la région d’Asir, en Arabie saoudite, 8 % des répondants n’utilisaient que le miswak et 44,5 % le combinaient avec la brosse[27]. Le siwak est donc souvent utilisé en complément, pas à la place.
En Europe, les ventes en ligne ont rendu le siwak accessible bien au-delà des communautés qui l’utilisaient déjà, avec des bâtons conditionnés, scellés et accompagnés d’explications. Cette demande pose aussi la question de la durabilité de la cueillette, qui mérite d’être suivie.
Un héritage vivant
L’histoire du siwak, c’est celle d’un geste simple qui a traversé les civilisations, des cure-dents d’Ur aux rameaux de l’Ayurveda, de la sunna prophétique aux rapports de l’OMS. Il nous rappelle que les solutions les plus efficaces ne sont pas toujours les plus récentes.
Des rives du Tigre et de l’Euphrate aux boutiques zéro déchet parisiennes, le voyage du siwak continue. Pour d’autres alternatives naturelles, consultez notre guide des brosses à dents naturelles.
Les faits historiques renvoient à des publications scientifiques, à des textes anciens et à des ouvrages de référence. Les dates anciennes sont souvent approximatives ; quand une affirmation souvent répétée n’a pas pu être vérifiée, nous l’avons retirée ou signalée comme incertaine. Numéros et liens vérifiés le 30/09/2026.
Publication scientifiqueTexte ancienOuvrage de référenceSahih · authentique
- 23
OMS, rapport technique n° 713, 1984 Ouvrage de référence
Les bâtonnets traditionnels (« traditional brushing sticks ») y sont cités, avec les brosses à dents, parmi les outils d’hygiène bucco-dentaire. Lire la source ↗ - 25
Aumeeruddy, Zengin et Mahomoodally, Journal of Ethnopharmacology, 2018 Publication scientifique
« A review of the traditional and modern uses of Salvadora persica L. (Miswak) » : revue narrative de la littérature 1979-2017. Lire la source ↗ - 2
Wu et al., « Chewing sticks: timeless natural toothbrushes for oral cleansing », Journal of Periodontal Research, 2001 Publication scientifique
Revue sur les bâtonnets à mâcher : historique, composition et déclaration de consensus de 2000 sur l’hygiène buccale (les bâtonnets « peuvent avoir un rôle », leur efficacité restant à évaluer). Lire la source ↗ - 1
Haque et Alsareii, Saudi Medical Journal, 2015 Publication scientifique
Revue sur le miswak : elle reprend la date de 3500 av. J.-C. d’après Hyson (Journal of the History of Dentistry, 2003) et rapporte la position de l’OMS de 1987. Lire la source ↗ - 3
Forshaw, histoire de la dentisterie en Mésopotamie (PMC, 2025) Publication scientifique
Cure-dents retrouvés dans des nécessaires de toilette à Ur ; texte assyrien décrivant le nettoyage des dents avec un doigt entouré d’un tissu imbibé d’alun, de sel et de vinaigre. Lire la source ↗ - 4
Code de Hammurabi, lois 200 et 201 Texte ancien
« Dent pour dent » entre égaux, amende pour les dents d’un affranchi : des peines, pas des soins dentaires. Lire la source ↗ - 5
Forshaw, dentisterie dans l’Égypte ancienne (PMC, 2026) Publication scientifique
Environ 18 cas dentaires dans les papyrus médicaux, dont sept pâtes pour stabiliser les dents qui bougent (exemple du papyrus Ebers) ; les prêtres mâchaient des pastilles de natron ; l’usage de cure-dents est jugé possible, sans preuve directe. Lire la source ↗ - 6
Kew, Plants of the World Online : Salvadora persica Ouvrage de référence
Aire naturelle de l’arbre, qui inclut l’Égypte. Lire la source ↗ - 7
Anguttara Nikaya 5.208 (canon bouddhique) Texte ancien
Les « cinq bienfaits » du bâtonnet à mâcher (dantakattha). Lire la source ↗ - 8
Charaka Samhita, chapitre Matrashiteeya Texte ancien
Nettoyage des dents deux fois par jour avec un rameau au goût astringent, piquant ou amer (karanja, arka, arjuna…). Lire la source ↗ - 9
Sushruta Samhita, Cikitsasthana Texte ancien
Rameau de douze doigts de long, choisi selon le tempérament (dosha) de la personne. Lire la source ↗ - 10
Société française d’histoire de l’art dentaire, « Histoire du dentifrice » Publication scientifique
Dentifrices recommandés par Hippocrate (poivre, bouillie de lentilles) ; formule de Dioclès de Carystos contre la mauvaise haleine (tête de lièvre et rats brûlés, marbre pilé). Lire la source ↗ - 11
Secretum secretorum (pseudo-Aristote) Texte ancien
Texte arabe d’environ le Xe siècle, faussement attribué à Aristote, qui conseille de frotter dents et gencives avec l’écorce d’arbres amers ou astringents. Lire la source ↗ - 12
Pline l’Ancien, Histoire naturelle (trad. Bostock) Texte ancien
Dentifrice de cendre de corne de cerf (livre 28), d’écailles d’huître calcinées (32), de pierre ponce (36) ; piquant de porc-épic comme cure-dent (30) ; feuilles de lentisque frottées sur les dents (24). Le cure-dent en bois de lentisque est cité par Martial (XIV, 22). Lire la source ↗ - 13
Sahih al-Boukhari 887 Sahih · authentique
Abou Hourayra : « Si je ne craignais d’accabler ma communauté, je leur aurais ordonné le siwak à chaque prière. » Lire la source ↗ - 14
Sahih Muslim 252 Sahih · authentique
Même hadith, par une autre chaîne : « …le siwak à chaque prière ». Lire la source ↗ - 15
Burton, Personal Narrative of a Pilgrimage to Al-Madinah and Meccah, 1855 Texte ancien
Burton emporte « a Miswak or tooth-stick » (volume 1) ; parmi les souvenirs de La Mecque achetés par les pèlerins figurent des bâtonnets pour les dents (volume 2, lié ici). Lire la source ↗ - 16
Ibn Battuta, Voyages (trad. Gibb, 1929) Texte ancien
Les Mecquois « usent beaucoup de cure-dents de bois d’arak vert ». Lire la source ↗ - 17
Bos, « The miswak, an aspect of dental care in Islam », Medical History, 1993 Publication scientifique
Ibn Masawayh, auteur du premier traité connu sur le siwak ; mises en garde de Hunayn contre l’excès ; al-Razi qui compile ces avis ; Ibn Sina qui recommande un usage modéré ; Ibn Butlan et les tiges de palmier venues de La Mecque. Lire la source ↗ - 18
Al-Tasrif d’al-Zahrawi (article de référence) Ouvrage de référence
Traité connu pour le détartrage, la contention des dents par fils d’or et d’argent et la réimplantation dentaire. Lire la source ↗ - 19
Dugoni School of Dentistry, musée dentaire : histoire de la brosse à dents Ouvrage de référence
La brosse à poils fixés à angle droit sur un manche serait née en Chine en 1498. Lire la source ↗ - 20
Toothbrush (article de référence) Ouvrage de référence
Brosses chinoises à poils de porc, dont une attribuée à la dynastie Tang ; première brosse à filaments de nylon en vente le 24 février 1938 (DuPont) ; première brosse électrique, la Broxodent, en Suisse en 1954. Lire la source ↗ - 21
William Addis (article de référence) Ouvrage de référence
Emprisonné en 1770, il conçoit une brosse à dents et en lance la production vers 1780 ; son entreprise existe toujours sous la marque Wisdom. Lire la source ↗ - 22
Ezmirly, Cheng et Wilson, « Saudi Arabian medicinal plants: Salvadora persica », Planta Medica, 1979 Publication scientifique
L’une des premières études de composition chimique de Salvadora persica indexées dans PubMed. Lire la source ↗ - 24
Haque et Alsareii, Saudi Medical Journal, 2015 Publication scientifique
Revue scientifique qui rapporte que l’OMS, dans sa publication « Prevention of oral diseases » (1987), a recommandé et encouragé les bâtonnets à mâcher dans les régions où leur usage est coutumier. Lire la source ↗ - 26
Al-Otaibi, thèse publiée dans le Swedish Dental Journal (supplément), 2004 Publication scientifique
Entretiens avec 1 200 patients à La Mecque : 73 % utilisent une brosse à dents et 65 % le miswak chaque jour. Lire la source ↗ - 27
Al-Hammadi et al., Contemporary Clinical Dentistry, 2018 Publication scientifique
Questionnaire dans la région d’Asir (Arabie saoudite) : 8 % des répondants n’utilisent que le miswak, 44,5 % le miswak et la brosse à dents. Lire la source ↗
Cette page est rédigée par une boutique à partir des sources citées, pas par des historiens. Une erreur ou une précision ? Écrivez-nous à contact@batondesiwak.com.
Questions fréquentes sur l’histoire du siwak
Quelle est la plus ancienne trace d’utilisation du siwak ?
La date la plus souvent citée pour les premiers bâtonnets à mâcher est d’environ 3500 avant notre ère, à Babylone, mais elle circule de revue en revue sans fouille publiée derrière. Ce que l’archéologie montre plus sûrement, ce sont des cure-dents retrouvés à Ur et des textes mésopotamiens sur le soin des dents. Les chiffres de « 5000 avant notre ère » ou de « 7000 ans » ne reposent sur aucune source fiable.
Pourquoi le siwak a-t-il une importance particulière dans l’islam ?
Parce que le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) l’a recommandé à de nombreuses reprises, dans des hadiths authentiques. Le plus connu, rapporté par Al-Boukhari (887) et Muslim (252), dit : « Si je ne craignais d’accabler ma communauté, je leur aurais ordonné le siwak à chaque prière. » Ce statut de pratique recommandée a accompagné la diffusion du siwak avec l’expansion de l’islam.
Comment la brosse à dents a-t-elle supplanté le siwak en Occident ?
La brosse à poils vient de Chine, où les spécialistes la datent de 1498. En Angleterre, William Addis en lance la production vers 1780 ; en 1938, DuPont la dote de filaments de nylon, ce qui permet une production de masse bon marché, suivie en 1954 de la brosse électrique. Le siwak n’a jamais disparu pour autant : il reste utilisé au quotidien dans de nombreux pays, souvent en complément de la brosse.
Le siwak est-il en train de redevenir populaire ?
Oui, en Europe notamment, depuis les années 2010. Trois raisons y contribuent : le mouvement zéro déchet, qui cherche des alternatives à la brosse en plastique ; le goût pour des produits simples et d’origine végétale ; et les études publiées sur Salvadora persica, dont une revue de la littérature en 2018. L’OMS citait déjà les bâtonnets à mâcher parmi les outils d’hygiène bucco-dentaire en 1984.